A peine rentrés que l’article est déjà sur le net ! Ah non, on a mis 4 mois … Bon, on espère qu’il vous plaira quand même !

C’est pour aller rendre visite à ma sœur, parti six mois pour travailler que nous y sommes allés en avril, en famille.

Dix jours à s’émerveiller de la nature, des paysages, de la verdure, des gens, des animaux, des goûts, des odeurs, des couleurs … La Réunion est tellement diverse, il y a de tout, partout; on valide donc son surnom d’Ile Intense. L’Histoire de la Réunion, de sa création à son peuplement est passionnante.

 

Petit dictionnaire pour bien tout comprendre ce qui va suivre : la Réunion s’est formée par un point chaud sous-marin (qui a également créée l’Ile Maurice et Rodrigues) qui a crée deux volcans : le Piton des Neiges et le Piton de la Fournaise. Le Piton des Neiges s’est ensuite effondré et a formé trois cirques ; des enclaves au centre de l’île, encerclés de hautes montages ; les remparts. Dans ces cirques, les villages sont appelés des ilets.

Voici deux cartes pour essayer de suivre où se déroulent les événements. Le tracé en rouge sur la première n’est pas notre itinéraire mais celui du GR1. Sur la deuxième carte, on a repris les couleurs dans l’article comme repère géographique.

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Pour découvrir la Réunion, la meilleure solution est de louer une voiture et de dormir dans des villes différentes tous les deux ou trois jours. Comme on venait voir ma sœur, nous étions basés à St Denis (tout en haut) et nous avons perdu beaucoup de temps sur la route.

Une petite dizaine de jours, c’était donc très court pour tout ce qu’il y a faire sur l’île, et même pour ce qu’on voulait faire. On a préparé un programme assez chargé entre mer et montage en essayant d’optimiser les distances mais ça n’a pas été facile.

Dans le programme jour par jour qui suit, que l’on a réellement réalisé, ma sœur a ajouté les choses intéressantes à faire dans le même coin. Merci à elle pour ses conseils précieux !

 

 

Jour 1 : Zone violette (Dos d’Ane)

Arrivés le premier jour à 13h, en étant parti la veille, on passe par la maison louée sur Airbnb sur les hauts de St Denis, à La Montagne, et on part pour une petite randonnée : le sentier Roche Verre Bouteille.

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On laisse la voiture au parking de Dos d’Ane et on suit les panneaux sur un sentier plutôt plat et praticable.

  • Première possibilité : boucle de 3km-2h avec des vues sur Dos d’Ane, Le Port et Mafate
  • Deuxième possibilité : aller-retour de 800m jusqu’au Cap Noir, vue sur Mafate

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Quand tu tombes sur une vue pareille, quelques heures après être descendu de l’avion, tu te dis que ça va être énorme ! Le sentier longe les remparts, à droite quelques centaines de mètres de dénivelé, une nature luxuriante, pleine de goyavier, en bas, la rivière des galets et devant, des dizaines de pitons rocheux qui s’élèvent dans un silence assourdissant.

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Les petits + de Manon autour de Dos d’Ane : les gorges de Bernica

Laissez la voiture sur le parking de terre le long de la ravine Bernica et marchez pendant 15 min en vous enfonçant vers les Gorges. Longez le courant d’eau en le laissant toujours sur votre gauche. Attention le sol est très humide. Un chemin monte un peu sur la falaise (attention aux glissades) et un autre descend fortement pour atteindre l’eau au plus près. En fonction des saisons, une cascade coule plus ou moins fort sur le fond du mur.

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Jour 2 : Zone orange (Le Maido, St Gilles)

On se lève tôt, direction le Maïdo, d’où l’on devrait avoir une deuxième superbe vue sur Mafate. Encore faut-il qu’elle soit dégagée. A la Réunion, les montagnes font que le temps change très vite et il vaut mieux être très tôt aux points de vue. Après St Paul, la route monte et devient sinueuse, on évolue entre les tamarins et les cryptomérias, on passe dans les nuages, c’est mauvais signe mais l’ambiance est mystérieuse c’est très beau.

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En haut, on ne voit rien, c’est la déception totale !

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On se balade sur le parking puis on décide d’y aller … et là, les nuages s’ouvrent, comme pour nous remercier, et nous laissent entrevoir les îlets de Mafate en contrebas. Magnifique !

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Les petits + de Manon

Du Maido, j’ai fait deux randos superbes ! 

Le Grand Bénare : 6/7h de marche et 18km (pour les marcheurs occasionnels) plutôt faciles pour une des randos les plus belles de l’ile ! Partez tôt, pour être au sommet vers 10h et ne pas avoir de nuages.

Jusqu’au Grand Bénare, troisième plus haut sommet de l’ile, vous longerez la falaise par le Grand Bord, donnant tout au long une vue imprenable sur le cirque de Mafate. Au sommet (2898m), vous aurez une vue magnifique sur le cirque de Mafate d’un côté, de Cilaos de l’autre et au milieu, le Piton des Neiges !

Pour la descente, empruntez le sentier de La Glacière (plus rapide mais plus monotone que de reprendre le sentier en sens inverse). La première partie est plutôt compliquée mais la deuxième presque plate jusqu’au parking, aucun intérêt particulier quand les nuages sont montés, sinon vous aurez la chance d’avoir une vue sur la côte et apercevoir l’océan.

Le Bronchard : une rando de 6h et 15km pour descendre dans Mafate et profitez de nombreux panoramas, plus difficile que par le col des boeufs (voir plus loin la rando vers La Nouvelle). En aller/retour : la Brèche, Roche Plate, Bronchard et demi tour. 

 

 En redescendant on s’arrête à l’Alambic Bègue. A peine sortis de la voiture, les effluves emplissent nos narines. Jean Yves Bègue nous explique avec beaucoup de passion comment il produit ses huiles essentielles. Il y a une petite boutique avec ses produits et autres produits Réunionnais.

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Après ça, direction le bassin des Aigrettes. Après s’être garé au snack, remontez un peu la route et tournez à droite au grillage.

Pour le bassin des Aigrettes : prendre un des sentiers qui descendent, tournez à gauche à la cabane, puis enjambez le portail en fer, ensuite … ensuite je ne sais pas puisqu’un ouvrier nous a empêché d’y aller parce qu’ils faisaient des travaux … Apparemment c’est magnifique. Vous m’en direz des nouvelles !

Pour le bassin Cormoran : plutôt que d’aller à gauche à la cabane, allez à droite, passez la centrale et descendez les « escaliers ». L’eau de ce bassin n’était pas très claire.

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Et enfin, le plus éloigné, le bassin Malheur : à l’entrée, après le grillage, suivez le gros tuyau, marchez dans le canal asséché, passez dans des tunnels, au-dessus d’un gros rocher et vous y êtes. Très joli mais peu de places et l’eau n’était pas très propre.

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Les petits + de Manon

Le bassin des Aigrettes est le plus beau des bassins et celui où l’on a vraiment envie de se baigner. Une eau fraîche, claire et turquoise, surplombée par une cascade majestueuse. Très peu de places pour poser ses affaires et lieu assez prisé : éviter les heures de pointes et les week end si vous le pouvez ! 

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N’ayant pas pu se baigner, on décide d’aller à St Gilles pour découvrir la plage de l’Ermitage. Les coraux forment une barrière et l’on peut alors se baigner dans un lagon peu profond et observer de jolis poissons tropicaux !

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Attention aux demoiselles, elles vous attaquent pour défendre leurs petits !

Le sable blanc, l’eau turquoise et les filaos aux grosses racines en font un spectacle magique. Surtout au coucher du soleil.

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Jour 3 : Zone vert clair (cirque de Mafate, cirque de Salazie)

Encore une journée à explorer le cirque de Mafate mais cette fois, d’en bas. C’est le seul des trois cirques à n’être accessible qu’à pied. Les locaux y sont ravitaillés par hélicoptère !

Il existe plusieurs randos pour y accéder, nous avons choisi de descendre par le col des bœufs pour rejoindre La Nouvelle. C’est la rando la plus courte et la plus facile, 15km pour 5h de marche, un peu plus avec la pluie qui rend glissante l’évolution. Le départ se fait du parking (optez pour le gratuit, juste avant le payant) du Col des Bœufs, dans le cirque de Salazie. Après un bout de chemin dans la roche noire, on arrive au Col des Bœufs, d’où vous pourrez voir avec un peu de chance, un hélicoptère venir chercher une cargaison et redescendre dans le gouffre de Mafate.

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Du Col, on domine le cirque et, avec un peu de chance (il en faut beaucoup à la Réunion vous avez remarquez ; c’était pas pour nous ce jour-là) vous aurez une vue dégagée sur tout le cirque et ses îlets, du Gros Morne au Maïdo.

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C’est parti pour la descente sous la pluie, à travers les gros cailloux et les marches de 50cm, on traversera la somptueuse et mystérieuse plaine des Tamarins, une espèce endémique de la Réunion, sur lesquels s’accroche du lichen jaune, la barbe des capucins, qui les rend effrayant.

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On arrive enfin à La Nouvelle, sous le soleil, « capitale » de Mafate c’est l’ilet le plus visité du cirque. Si les cases créoles aux toits rouges sont jolies, il y a beaucoup d’hébergement pour les touristes et c’est en réalité la descente plus que l’ilet qui est intéressant.

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Avant de remonter, petit crochet par le belvédère pour observer le Bronchard et le fond de la Rivière des Galets : passez devant le gîte Tamareo, dépassez l’aire de pique-nique.

Nous avons choisi de remonter par la variante du Chemin Charrette – On a bien cherché, pas un seul petit rhum caché … – pour éviter de remonter par le même chemin. Il est un peu plus long mais beaucoup plus praticable.

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Les petits + de Manon 

J’ai préféré la variante, en boucle, par Marla. Du Col des Bœufs empruntez le même chemin pour descendre dans la plaine des Tamarins, dirigez vous vers Marla (non pas vers La Nouvelle) à Marla direction La Nouvelle puis remontez au parking. Vous passerez par de belles forêts, de belles prairies, enjamberez à plusieurs reprises la Rivière des Galets et pourrez observer en levant la tête :  le Gros Morne, La crête des 3 Salazes et le Col du Taïbit avant d’arriver au tout petit village de Marla.

Une autre possibilité, ma préférée, mais peut-être parce que j’ai eu une meilleure météo pour celle-ci : juste avant le col des bœufs, prendre le départ du sentier Scout, descendre jusqu’à Aurère et remontez par le sentier Augustave. De magnifiques paysages, de jolis petits villages, de nombreuses passerelles (attention au vertige !) et un changement de décor impressionnant entre les deux sentiers. Conseil : éviter de descendre par le sentier Augustave : véritable savonnette !

 

Au retour, on découvre rapidement le cirque de Salazie : Hell-Bourg d’abord, un des « plus beaux villages de France » dont la rue principale est magnifique de cases créoles puis la célèbre cascade du voile de la Mariée.

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Pour découvrir Salazie : un incontournable dans cette région ; la randonnée jusqu’au Trou de fer au départ du gîte de Bélouve. Choisissez bien votre journée, par temps nuageux, les fenêtres d’éclaircies vous donnant la vue sur le trou de fer sont restreintes.

Garez-vous sur le parking du gîte et rejoignez à pied le point de vue époustouflant qu’il offre sur tout le cirque de Salazie. La randonnée jusqu’au premier point de vue est très facile est abordable pour toute la famille (2h30 A/R). Deux chemins s’offrent à vous : un chemin très large et sec à découvert avec de part et d’autre la forêt, un autre plus court, au cœur de la forêt, boueux et glissant (nous avons choisis le deuxième juste pour le fun et nous sommes revenus par le chemin sec).

 

 

Jour 4 : zone orange (St Gilles, St Paul) et vert foncé (Piton de la Fournaise)

Après une grosse journée de marche, il fallait alterner, direction St Gilles pour plonger !

On s’arrête au Cap de la Houssaye. Très beau malgré le mauvais temps.

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On nous avait conseillé Bleu Marine Réunion ou Corail Plongée; on a choisi Bleu Marine, le site internet était plus clair, et on a vraiment pas été déçus.

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Des moniteurs vraiment sympas, on a beaucoup rigolé, mais surtout passionnés qui veulent partager leur passion. Après notre plongée, on a aperçu des dauphins au loin et le capitaine nous a emmené les voir, on s’est ensuite mis à l’eau pour nager avec eux (Bon les dauphins n’ont pas voulu) mais c’était un beau geste de l’équipe !

Des poissons multicolores, des dauphins, que demander de plus ?! Une tortue ! Waooo c’est tellement majestueux ! On dirait qu’elle vole, c’est tellement hypnotisant qu’on aurait pu rester six heures sous l’eau rien qu’à l’observer.

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60 € pour les baptêmes, 50 euros pour ceux qui ont un niveau en plongée.

Une dizaine dans le bateau, on plonge par deux ou trois. Si vous êtes assez débrouillés le moniteur vous laisse évoluer seul.

Les petits + de Manon

De juin à octobre c’est la saison des Baleines ! Les femelles viennent nager le long des côtes pour mettre bas et éduquer leur petit. Les mâles les suivent de prêt pour s’accoupler en fin de saison. A cette période, je vous conseille fortement de faire confiance à Duocéan (en partenariat avec BatoPéi). Pour 60e par personne, vous assisterez à un spectacle des plus grandioses : nagez aux côtés des baleines et/ou des dauphins. Accompagnés de deux professionnels et passionnés de la mer, vous approcherez les cétacés dans leur plus grand respect à condition de savoir nager avec des palmes et un tuba et de respecter les consignes. Pensez à réserver très à l’avance, ou vous seriez contraints de réserver une sortie avec des clubs de plongée pas forcément les plus préparés à ce genre d’approche animale.

Si vous préférez garder les pieds sur terre : montez au Cap La Houssaye vous aurez une vue imprenable sur des kilomètres d’océan pour surveiller les jets d’eau. Les baleines sont également visibles d’un peu partout sur la côte et notamment depuis les plages de l’Ermitage et de Grande Anse. Elles font régulièrement leur show accompagnées de leurs baleineaux, alors ouvrez l’œil !

 

On est ensuite allé à St Paul. J’ai été un peu déçue, le marché était sympa mais je m’attendais à des étals de fruits colorés et c’était un peu vide, peut-être la saison. Les vestiges de la compagnie des Indes (Maison Lacay et place de la mairie) ne sont pas beaux.

En partant ce matin c’était la grosse organisation : ce soir on ne rentre pas à la maison, on va dormir au Piton de la Fournaise ! En fin de journée, on ne repart donc pas à St Denis mais vers le Pas de Bellecombe.

On s’arrête à la Pointe au Sel en passant, connue pour ses couchers de soleil.

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On entame ensuite la montée et la traversée pour le moins sportive, de la plaine des Sables. Deux personnes dans la tente, trois dans la voiture. C’est parti pour une courte nuit, réveil 3h du matin pour 5h et 11km de rando pour voir le soleil se lever en haut du Piton.

Ça a été réveil 00h par une pluie torrentielle, une rivière dans la tente et pas moyen de sortir de la voiture avant 5h du matin. Courte nuit à base de « on y va, on y va pas », un autre groupe part, puis revient 20 minutes plus tard, ils n’y voient rien, ils sont trempés. On essaye tout de même vers 7h, quelques centaines de mètres, à éviter les flaques d’eau, à chercher les marques blanches et déjà trempés jusqu’aux os, au Pas de Bellecombe, 1m de visibilité. C’est dans un triste silence que l’on fait demi-tour, tellement déçus de louper cette merveille de la nature …

Les petits + de Manon

Après un premier échec donc, j’ai retenté l’expérience quelques semaines plus tard et en début de matinée (nous souhaitions éviter la route de nuit). Cette journée ensoleillée nous a permis de randonner tranquillement en 4h30 aller/retour avec un bel arrêt au sommet : point de vue sur le gigantesque cratère Dolomieu. On se croirait sur la lune, randonnant au milieu de formations hallucinantes, posées là comme des fourmilières. Cette marche n’est tout de même pas de tout repos : marcher sur de la lave durcie ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique (qu’elle soit « cordée » ou en « graton »). Prévoyez toujours de bonnes chaussures, et un coupe-vent : aucune végétation ne vient ralentir les rafales de vent.

 

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